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Spécificités de l’impact des activités et services numériques dans le Bilan Carbone®

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Le secteur du numérique continue d’occuper une place croissante dans notre vie quotidienne et celle des entreprises, ce qui soulève des préoccupations quant au Bilan Carbone® des entreprises du secteur tertiaire.

Il devient donc crucial de comprendre les conséquences environnementales, qui découlent de sa dépendance encore marquée aux énergies fossiles, pour mieux agir pour leurs réductions.

Mais comment mesurer précisément l’empreinte carbone de ce pan de l’économie en pleine expansion ? Quelles sont les solutions accessibles pour décarboner efficacement cette activité ?

Nous vous proposons de découvrir ci-dessous les défis qui se posent, les mesures concrètes à mettre en place pour réduire de manière efficace ces émissions, et les perspectives de décarbonation que l’on peut raisonnablement espérer.

1. L’Empreinte Carbone du numérique en France

2. Quelles régulations pour le numérique ?

3. Comment calculer l’empreinte carbone du numérique ?

3.1 Qu’est-ce qui compose l’empreinte carbone du numérique ?

3.2 Quelle méthodologie pour évaluer l’empreinte carbone du numérique dans son ensemble ?

3.3 Le rôle du Bilan Carbone dans la décarbonation des activités numériques

4. Quelles solutions pour réduire l’impact carbone du numérique ?

5. Quel avenir pour l’industrie du numérique ?

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L’Empreinte Carbone du numérique en France

D’après l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep), le domaine du numérique contribue actuellement à hauteur de 3 à 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) et à 2,5 % de l’empreinte carbone de la France. Ainsi, son empreinte environnementale reste relativement faible par rapport à d’autres secteurs comme les transports, 31%, ou encore le bâtiment, 23%. Cependant, en raison de sa croissance rapide, les émissions de GES de l’industrie du numérique pourraient augmenter de 60 % d’ici 2040, représentant alors 6,7 % des émissions de GES nationales.

Mettre en place des leviers pour réduire de manière durable les activités liées aux technologies de l’information et de la communication (TIC) devient par conséquent un enjeu important dans la lutte contre le changement climatique.

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Quelles régulations pour le numérique ?

La Loi visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique (REEN) de 2021 a été promulguée dans le but de répondre aux défis environnementaux du secteur. Cette loi s’adresse à tous les acteurs impliqués dans la chaîne de valeur du numérique, qu’il s’agisse des professionnels du domaine, des acteurs publics ou des consommateurs. Elle repose sur cinq objectifs clés :

✅ Sensibiliser à l’empreinte environnementale du numérique en encourageant une prise de conscience collective,

✅ Limiter le renouvellement fréquent des appareils digitaux en favorisant l’allongement de leur durée de vie et en promouvant le recyclage,

✅ Encourager des usages numériques écoresponsables en promouvant des pratiques visant à réduire la consommation d’énergie, la gestion des données et les conséquences environnementales liées aux services numériques,

✅ Promouvoir des centres de données et des réseaux moins énergivores en incitant à l’utilisation de technologies plus efficaces sur le plan énergétique et en favorisant les pratiques de gestion énergétique optimisée,

✅Favoriser l’adoption d’une stratégie digitale responsable au niveau des territoires en encourageant les collectivités locales à intégrer des critères environnementaux dans leurs politiques numériques et à soutenir des initiatives innovantes dans ce domaine.

La loi REEN vise donc à engager l’ensemble des acteurs du secteur dans une transition vers des pratiques plus durables et responsables sur le plan environnemental.

La Loi Anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) de 2020, propose également des mesures pour le domaine et préconise de :

Communiquer l’empreinte carbone au consommateur : les opérateurs internet et de téléphonie sont tenus d’informer les clients sur l’équivalent en gaz à effet de serre de leur consommation d’internet et de données mobiles. Cela vise à sensibiliser les consommateurs aux conséquences environnementales de leurs habitudes numériques.

Lutter contre l’obsolescence programmée avec un indice de réparabilité : les vendeurs d’équipements électriques et électroniques, y compris les vendeurs en ligne, doivent afficher un indice de réparabilité sur 9 catégories de produits. Cet indice permet aux consommateurs de savoir si un produit est plus ou moins réparable, les encourageant ainsi à opter pour des produits durables et réparables, et à prolonger leur durée de vie.

Comment calculer l’empreinte carbone du numérique

On ne peut réduire, ce qu’on n’a pas mesurer, c’est pourquoi calculer l’empreinte carbone du numérique est la première étape clé pour réduire les émissions de cette industrie.

🌿 Qu’est-ce qui compose l’empreinte carbone du numérique ?

D’après l’ADEME (Agence de la transition écologique) et l’Arcep, l’empreinte carbone du digital en 2022 se compose de la manière suivante :

👉 Entre 65 % et 92 % de l’empreinte carbone provient des terminaux, en particulier des écrans et des téléviseurs, qui génèrent la majeure partie des impacts environnementaux

👉 Entre 4 % et 20 % de l’empreinte carbone est attribuable aux centres de données

👉 Entre 4 % et 13 % de l’empreinte carbone est liée aux réseaux

Cependant, pour évaluer l’impact réel des équipements électroniques ou terminaux tels que les ordinateurs, les périphériques informatiques, les appareils IoT (Internet des objets) et l’électronique grand public utilisée à des fins de communication, il est essentiel de prendre en compte non seulement la phase d’utilisation (consommation d’électricité), mais également la phase de fabrication, qui constitue la principale source d’impact environnemental.

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📚Quelle méthodologie pour évaluer l’empreinte carbone du numérique dans son ensemble ?

Pour effectuer une étude complète et détaillée de l’empreinte numérique d’une entreprise, la méthodologie à privilégier est l’Analyse du Cycle de Vie (ACV). Cette approche est encadrée par des normes internationales et des référentiels publics, ce qui en fait la méthode idéale pour prendre en compte l’ensemble du cycle de vie des activités et services numériques, offrant ainsi une vision globale et claire des émissions générées par ces activités.

L’ACV permet d’avoir une approche :

♻️Multicritère : les conséquences environnementales du digital ne se réduisent pas aux émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, cette évaluation de l’impact environnemental du numérique repose de nombreux indicateurs environnementaux en plus de son empreinte carbone ;

♻️Multi-étapes : l’ACV intègre les impacts générés à chaque étape du cycle de vie des équipements, incluant les phases de fabrication, de distribution, d’utilisation et de fin de vie ;

♻️ Multicomposants : la prise en compte de plusieurs composantes dans l’étude de l’empreinte digitale permet de mieux comprendre les systèmes complexes du numérique, qui sont constitués de multiples équipements ayant chacun leur propre cycle de vie. Adopter une approche multi-composants permet de décomposer le numérique en différentes catégories matérielles telles que les terminaux, les réseaux et datacenter, afin d’obtenir une vision distincte de ce qui génère le plus d’émissions dans chaque catégorie. Cette approche par catégorie offre une meilleure compréhension de la répartition des émissions et permet de cibler les domaines où des actions peuvent être prises pour réduire les émissions de GES provenant du numérique.

📊 Le rôle du Bilan Carbone® dans la décarbonation des activités numériques

Le Bilan Carbone® joue un rôle crucial pour une entreprise engagée dans une démarche de décarbonation, car il permet d’identifier les opportunités d’amélioration disponibles, ainsi que les sources d’émissions les plus importantes. Pour adapter le Bilan Carbone® au domaine du numérique, plusieurs étapes spécifiques doivent être suivies :

1. Identifier les sources d’émissions 🌿

Les activités digitales peuvent générer des émissions de carbone à travers plusieurs sources, notamment les centres de données, les équipements informatiques, les infrastructures réseau, etc. Commencer par identifier ces sources constitue la première étape, car elle permet de pouvoir catégoriser les émissions.

2. Collecter les données 📋

Rassembler les données pertinentes pour l’ACV, ainsi que sur la consommation énergétique des équipement digitaux de l’entreprise constitue la deuxième étape. La collecte peut inclure la consommation d’électricité des datacenters, des serveurs, des équipements réseau, ainsi que la durée d’utilisation de ces équipements par exemple.

3. Calculer les émissions directes et indirectes à l’aide des facteurs d’émissions 🎯

Les émissions directes (scope 1 et 2) sont principalement liées à la consommation d’énergie des équipements informatiques. Les données collectées à l’étape 2 serviront ainsi à estimer la quantité de carbone émise par la consommation d’électricité. On peut s’appuyer sur les facteurs d’émission de carbone fournis par les fournisseurs d’électricité, ou utiliser des facteurs d’émission standard pour l’électricité.

Les émissions indirectes (scope 3) comprennent celles provenant de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement numérique, y compris les équipements fabriqués, les infrastructures réseau et les activités des tiers. Ces émissions peuvent être plus complexes à calculer, car elles nécessitent une analyse de cycle de vie approfondie. Ne pas hésiter à faire appel à un expert agréé GCI pour réaliser cette étape. On obtient ainsi des estimations plus précises, et surtout conformes aux réglementations en vigueur.

4. Appliquer des méthodes de comptabilisation 📒

Utiliser des méthodes de comptabilisation reconnues telles que le GHG Protocol ou la méthode Bilan Carbone® de l’ADEME, pour structurer son calcul du bilan carbone. Ces méthodes sont des outils clés pour comprendre son inventaire carbone, et avoir une vision globale du poids carbone de ses activités numériques.

5. Analyser et suivre les résultats 🔎

Une fois le Bilan effectué, l’analyse et le suivi des résultats sont les dernières actions à entreprendre. L’analyse permettra d’identifier les principales sources d’émissions et les opportunités d’amélioration, tandis que le suivi donnera une vision des progrès réalisés. On peut ainsi mettre en place des stratégies pour réduire l’empreinte carbone de ses activités digitales.

🔵 La plateforme GCI permet de réaliser ces étapes en toute autonomie, ou en étant accompagné d’un expert agréé. Grâce à son panel de services adaptés aux besoins de l’entreprise et aux spécificités de son secteur, la plateforme GCI devient un allié précieux dans la mise en œuvre d’une stratégie de décarbonation efficace des entreprises. Elle propose :

✅ De créer des modèles personnalisés de questionnaires (pour un secteur d’activité, ou une entreprise en particulier), que les utilisateurs peuvent partager entre eux

✅ De simuler/quantifier la réduction des émissions associée à la mise en place d’une action sur l’intégralité du Bilan GES

✅ De suivre/piloter sur plusieurs années les différentes actions de réduction des émissions de GES

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Quelles solutions pour réduire l’impact carbone du numérique ?

Il existe de nombreuses actions à mettre en œuvre pour réduire son empreinte digitale en voici quelques-unes :

⚡ Adopter une approche de sobriété numérique

🖼️ Diminuer la résolution des images et des vidéos autant que possible

📱Garder les équipements électroniques comme le smartphone le plus longtemps possible

🔋Privilégier l’utilisation de matériels informatiques à faible consommation énergétique

💻 Opter pour des produits reconditionnés plutôt que neufs

☁️ Limiter le stockage sur le Cloud aux seules données nécessaires afin de réduire la charge sur les datacenters

☀️ Sélectionner des centres de données qui utilisent un mix avec des énergies renouvelables

Quel avenir pour l’industrie du numérique ?

L’industrie du digital est actuellement en pleine expansion et ce pour plusieurs raisons :

1️⃣ L’obsolescence programmée des équipements nous pousse à consommer davantage et à acheter de nouveaux produits de manière régulière

2️⃣ La production constante de nouveaux modèles de smartphones et autres appareils digitaux incite à une surconsommation, dans la quête de performances toujours plus élevées

3️⃣ La présence croissante d’objets connectés dans notre quotidien renforce notre dépendance au numérique

Face à ces enjeux, il est crucial d’harmoniser le numérique et l’environnement. À l’avenir, ce secteur devra être réglementé de manière plus stricte afin de prévenir les abus dans le monde liés notamment à l’exploitation des ressources nécessaires à la fabrication de ces technologies.

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