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Anticiper le Label E+C pour concevoir des projets de construction bas carbone et performants

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Dans un contexte marqué par le renforcement des exigences environnementales et l’évolution des pratiques de la construction en France, le Label E+C s’impose progressivement comme une référence structurante pour concevoir des bâtiments plus sobres, plus durables et mieux alignés avec les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Issu d’une phase d’expérimentation, ce label a contribué à faire évoluer les approches en matière d’énergie, de performance énergétique et d’empreinte carbone sur l’ensemble du cycle de vie du bâtiment.

Le Label E+C repose sur une double ambition : encourager des bâtiments à énergie positive et intégrer des indicateurs carbone mesurant les émissions sur l’ensemble des phases de vie, de la conception à la fin de vie. Cette approche globale dépasse la seule consommation énergétique pour prendre en compte les matériaux, les systèmes thermiques, les énergies renouvelables comme le photovoltaïque, ainsi que les usages liés au logement et aux bâtiments tertiaires. Elle introduit ainsi une lecture plus fine des niveaux de performance et des arbitrages techniques et économiques associés.

Anticiper le Label E+C, c’est donc s’inscrire dans une démarche volontaire, tournée vers l’avenir, qui prépare les projets aux futures réglementations, aux nouvelles normes et aux attentes croissantes en matière de construction bas carbone. Cette anticipation s’inscrit plus largement dans un paysage de normes et certifications environnementales en constante évolution, auquel les acteurs de la construction doivent désormais se préparer. Pour les maîtres d’ouvrage, les concepteurs et les acteurs du domaine du bâtiment, cette anticipation représente aussi un avantage concurrentiel : meilleure maîtrise des coûts sur le cycle de vie, valorisation environnementale des projets et contribution mesurable aux objectifs nationaux.

Cet article propose d’explorer les fondamentaux du Label E+C, d’analyser comment l’intégrer concrètement dans les projets de construction, de rénovation ou de bâtiments neufs, et de montrer comment sécuriser la démarche dans la durée grâce à des outils de suivi et de pilotage adaptés, afin de relier évaluation environnementale, bilan carbone et trajectoire bas carbone à l’échelle des projets.

3 Sommaire

Les fondamentaux du Label E+C

 

Un cadre expérimental devenu structurant

 

    Le dispositif E+C a d’abord été conçu comme un cadre d’anticipation permettant aux acteurs du secteur d’explorer de nouvelles façons de concevoir des projets plus sobres et mieux maîtrisés sur le long terme. Le dispositif a servi de terrain d’apprentissage collectif avant l’évolution des règles applicables en France.

    Ce cadre a permis d’introduire une lecture plus globale des impacts liés aux projets, en croisant production locale, besoins globaux et effets associés aux choix techniques. En structurant des repères communs et des seuils de référence, il a favorisé une montée en compétence progressive des équipes de conception, de maîtrise d’ouvrage et d’ingénierie. Cette montée en compétence fait écho à des démarches de management environnemental structurées, telles que celles portées par la norme ISO 14001.

    Avec le temps, E+C est devenu un point d’appui reconnu, servant de passerelle entre innovation, exigences réglementaires à venir et pratiques opérationnelles. Il a ainsi contribué à préparer le secteur à des cadres plus intégrateurs, prenant en compte bien plus que les seuls critères thermiques.

    Performances énergétiques et indicateurs carbone

     

    Le référentiel E+C repose sur une double lecture des résultats attendus : d’un côté la maîtrise des besoins globaux, de l’autre l’évaluation des impacts liés aux choix constructifs. Cette combinaison permet de dépasser une approche strictement centrée sur les consommations pour intégrer une vision plus complète des effets associés au projet.

    Les seuils définis permettent de situer un projet par rapport à différents niveaux d’exigence, en tenant compte à la fois des solutions mises en œuvre et des résultats obtenus. Cette lecture chiffrée facilite les comparaisons entre options techniques et éclaire les arbitrages dès les phases amont.

    L’analyse carbone associée offre quant à elle un outil d’aide à la décision précieux. Elle permet d’objectiver les conséquences de certains choix, de hiérarchiser les priorités et de sécuriser les orientations retenues, sans se limiter à une vision partielle ou théorique.

    Une approche globale du bâtiment

     

    L’un des apports majeurs du cadre E+C réside dans sa capacité à considérer le projet dans sa globalité. Les solutions constructives, les systèmes mis en place et les usages projetés sont analysés conjointement afin d’apprécier leur contribution globale aux impacts générés.

    Cette approche favorise une meilleure cohérence entre conception architecturale, choix techniques et objectifs globaux. Elle incite également à anticiper les conséquences des décisions prises en amont, en évitant les optimisations ponctuelles qui déplacent les impacts sans les réduire réellement.

    En intégrant cette vision élargie dès la phase de conception, E+C permet d’orienter les projets vers des réalisations plus sobres et plus robustes, en phase avec les attentes actuelles du secteur et les évolutions réglementaires à venir.

    Guide : Réglementations, normes et méthodologie.

    Quelles sont les principales réglementations, normes et méthodologies du bilan GES ?

    Intégrer le Label E+C dans les projets

    Choix des matériaux et solutions énergétiques

     

    Intégrer le Label E+C dans un projet suppose de faire des choix techniques cohérents dès les premières phases de conception. Le niveau de performance visé dépend directement des solutions retenues, qu’il s’agisse des composants constructifs, des équipements ou des options de production locale.

    Les arbitrages portent notamment sur les systèmes thermiques, l’isolation, les équipements de production et l’intégration de solutions comme le photovoltaïque. Ces choix influencent non seulement l’atteinte d’un objectif de résultat, mais aussi la stabilité économique du projet, en tenant compte du prix des solutions et de leur disponibilité sur le marché.

    Dans les projets de logements neufs comme en rénovation, l’anticipation de ces choix permet de sécuriser le respect des exigences associées aux labels, tout en limitant les ajustements tardifs souvent coûteux.

    Mesure et justification des performances

     

    La reconnaissance d’un projet au regard du Label E+C repose sur la capacité à démontrer, de manière structurée, les résultats atteints. Cette justification s’appuie sur des mesures chiffrées, des hypothèses cohérentes et un indicateur clairement défini, permettant de situer le projet par rapport au niveau attendu.

    La qualité des éléments produits est déterminante pour garantir la crédibilité de l’évaluation. Les données utilisées doivent être traçables, homogènes et compatibles avec les cadres de référence existants, afin de répondre aux attentes liées à la réglementation en vigueur. Lorsque des flux logistiques sont intégrés au périmètre du projet, des référentiels comme le GLEC peuvent également être mobilisés pour structurer l’évaluation associée.

    Cette phase de justification joue également un rôle clé dans le dialogue entre les différents acteurs du projet, en facilitant la compréhension des choix retenus et de leurs effets sur l’environnement global.

    Anticiper les exigences futures

     

    Anticiper le Label E+C permet de préparer les projets aux évolutions à venir du cadre réglementaire. La montée en puissance des exigences environnementales s’inscrit dans une nouvelle dynamique, où les niveaux attendus tendent à devenir des références communes plutôt que des exceptions. Cette dynamique rejoint également les attentes croissantes associées aux labels RSE, qui valorisent les démarches environnementales structurées et anticipées. À ce titre, des référentiels comme le Label Lucie illustrent la manière dont les engagements environnementaux peuvent être reconnus et rendus lisibles.

    Pour les équipes de conception et de maîtrise d’ouvrage, cette anticipation représente de réels avantages : meilleure maîtrise des risques réglementaires, valorisation des projets et gain de compétitivité. Elle favorise également la montée en compétence sur des sujets clés comme le confort thermique, les choix techniques et l’optimisation des coûts.

    En intégrant ces éléments dès l’amont, les projets peuvent se positionner favorablement face aux évolutions des labels et aux futures exigences, tout en maintenant un équilibre entre ambition environnementale et faisabilité opérationnelle.

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    Nous souhaitons répondre aux exigences et aux orientations ministérielles en nous inscrivant dans une dynamique d’un sport plus responsable en sensibilisant nos adhérents et le grand public.

    Benjamin GRIZBEC

    Chargé de projet Bad & Handicap / Eco-responsabilité, Fédération Française de Badminton (FFBaD)

    Sécuriser la démarche dans la durée

    Fiabiliser les éléments carbone des projets

     

    Pour sécuriser un projet orienté E+C, la priorité consiste à fiabiliser les éléments servant au calcul des émissions associées. La cohérence des hypothèses, la stabilité des méthodes et la traçabilité des sources utilisées sont déterminantes pour éviter des écarts inattendus entre la conception et la réalisation.

    Dans la pratique, des variations apparaissent souvent lorsque certains choix techniques évoluent : systèmes, quantités, lots, fournisseurs, ou ajustements de chantier. Sans garde-fous, ces changements peuvent déplacer les résultats et compliquer la justification finale. Mettre en place un suivi structuré des hypothèses, avec des contrôles réguliers et des points d’alerte, permet de conserver une base robuste et comparable au fil des étapes. Cette rigueur s’inscrit pleinement dans une logique QSE, visant à sécuriser la qualité des données, des processus et des décisions prises.

    Dans le domaine du bâtiment, ces ajustements ont un effet direct sur l’atteinte de l’objectif visé, notamment via la consommation et les choix thermiques, ce qui suppose une lecture rigoureuse pour rester conforme à la réglementation.

    L’enjeu est simple : maintenir un niveau de cohérence suffisant pour que les résultats restent défendables, quelle que soit l’évolution du projet.

    Relier E+C, évaluation initiale et trajectoire bas carbone

     

    Un point clé consiste à relier la logique projet à une vision plus large portée par l’organisation. Un projet peut être très bien optimisé pris isolément, mais perdre en cohérence si les choix ne sont pas harmonisés à l’échelle d’un portefeuille.

    Cette mise en perspective permet de comparer les résultats entre opérations, d’identifier les options les plus efficaces, et d’anticiper les impacts cumulés des décisions prises. Elle facilite aussi le dialogue interne : direction, maîtrise d’ouvrage, équipes travaux et partenaires disposent d’un cadre commun pour arbitrer, sans reposer sur des intuitions.

    L’utilisation d’un indicateur partagé, relié à un bilan consolidé, facilite cette comparaison et permet de mieux apprécier l’empreinte globale des projets, en particulier pour des programmes de logements.

    En résumé, l’intérêt est de passer d’une lecture “projet par projet” à une trajectoire cohérente, pilotable et comparable.

    Apport de Decarbo’Asset® pour le suivi multi-projets

     

    Pour organiser ce suivi dans la durée, Decarbo’Asset® est la solution la plus pertinente : elle est conçue pour consolider et suivre les résultats carbone à l’échelle d’un ensemble d’opérations, d’un programme ou d’un portefeuille.

    Decarbo’Asset® permet :

    • de centraliser les hypothèses et résultats par projet,
    • de comparer les opérations entre elles avec une logique homogène,
    • d’identifier rapidement les écarts et leurs causes (modification de lots, changements fournisseurs, ajustements techniques),
    • de disposer d’une vision dans le temps, utile pour arbitrer et prioriser.

    Cette vision consolidée offre de réels avantages opérationnels : elle éclaire les arbitrages liés aux énergies mobilisées, à la trajectoire de réduction des gaz à effet de serre et à l’atteinte de configurations proches de l’énergie positive, sans multiplier les outils.

    En structurant la consolidation multi-projets, Decarbo’Asset® transforme le suivi carbone en outil de pilotage concret, sans alourdir le quotidien des équipes, et renforce la cohérence globale des décisions.

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    Anticiper les exigences portées par le référentiel E+C revient avant tout à renforcer la qualité de conception des projets de bâtiment, en intégrant très tôt les contraintes techniques et les arbitrages structurants. Cette anticipation permet de sécuriser les choix, d’éviter les ajustements tardifs et d’inscrire les projets dans une logique plus cohérente et maîtrisée.

    La recherche d’un équilibre entre sobriété et efficacité conduit à repenser la place de l’énergie dans les projets, non plus comme une simple contrainte réglementaire, mais comme un levier structurant de conception. Dans cette perspective, viser des configurations à énergie positive implique une coordination fine entre architecture, systèmes et pilotage, afin de garantir la robustesse des résultats attendus.

    Au-delà des exigences techniques, cette approche offre une lecture plus globale du projet et renforce sa crédibilité sur le long terme. En structurant les décisions autour d’une vision énergétique cohérente et partagée, les acteurs du bâtiment disposent